La résurrection
Fondement de l’espérance chrétienne
 
 

« La résurrection est une idée toute naturelle ; il n'est pas plus étonnant de naître deux fois qu'une (1) » (Voltaire).

« La certitude de la résurrection fonde l’Eglise. Sans le fait de la résurrection, il n’y aurait jamais eu d’Eglise chrétienne (2) » (Suzanne de Diétrich).

 
 

« Jésus est ressuscité ! » Cette conviction proclamée par les chrétiens de tous les temps constitue l’une des principales bases de leur foi. En effet, sans la résurrection du Christ, il n’y aurait aucune espérance pour les croyants. Que ceux-ci soient catholiques, protestants ou orthodoxes, tous sont unis par la foi au Christ ressuscité. Sans la résurrection du Christ, il n’y aurait aucune victoire possible sur le mal, sur la mort. C’est le fait le plus important de l’histoire.

Le pasteur suisse Henri Gambini n’hésite pas à écrire que « cet événement est la clé de voûte de tout l’édifice chrétien ; c’est lui qui confirme l’œuvre de Jésus dans son entier, et qui seul permet d’expliquer la formation durable de son Eglise. Enlevez ce fait, et nos croyances sont ébranlées jusque dans leur base, et leur ruine ne peut tarder, ruine d’autant plus désastreuse que l’édifice a été imposant et colossal (3) ».

Emile Eldin, un autre auteur protestant, s’exprime dans le même sens. Pour lui, « la résurrection de Christ est la pierre angulaire de tout l’édifice chrétien, tout croule ou tout subsiste avec elle ; sans elle, Jésus ne serait plus le Sauveur, car il aurait besoin lui-même d’un libérateur, il n’aurait pas vaincu le péché et la mort et nous n’aurions pas de garantie de sa victoire (4) ».

Quant à l’authenticité de la résurrection du Sauveur, elle est prouvée par de nombreux témoignages qu’aucune critique ne saurait anéantir. A ce sujet, le théologien protestant Charles-Edouard Babut affirme que « la principale preuve de la résurrection de Jésus-Christ est fournie par le témoignage des apôtres, des évangélistes et, en général, des premiers disciples de Jésus. Ces témoins ne peuvent pas s’être fait illusion. Encore moins les témoins de la résurrection de Jésus peuvent-ils être soupçonnés de mensonge. Le caractère moral des apôtres, leur accent de conviction, les railleries et les persécutions que leur attirait la prédication d’un Messie mort et ressuscité, écartent absolument toute supposition de ce genre. Autant les témoins sont dignes de foi, autant les témoignages qu’ils ont rendus à la résurrection de Jésus, objet principal de leur foi et de leur prédication, sont clairs, explicites, unanimes sur les points essentiels (5) ». Nous pouvons donc faire confiance au témoignage des apôtres : « Le Seigneur est réellement ressuscité » (Luc 24.34).

La résurrection du Christ est aussi la preuve de sa divinité et à ce propos, on trouve dans la Bible, plus précisément dans les premières lignes de la Lettre aux Romains, une citation suffisamment convaincante : « Cette Bonne Nouvelle que j’annonce, Dieu l’a promise il y a déjà bien longtemps par ses prophètes, dans les Saintes Ecritures. Elle parle de son Fils : par sa nature humaine, il descend de David, mais sa résurrection d’entre les morts a manifesté avec éclat en lui le Fils tout-puissant de Dieu, doté de la nature et de la sainteté divines » (Romains 1.2-4, Parole vivante par Alfred Kuen). De par sa filiation divine, Jésus a pu dire : « Je suis la Résurrection et la Vie » (Jean 11.25, TOB).

Enfin, la résurrection du Christ est le gage de notre résurrection future. « Puisque nous croyons que Jésus est mort et ressuscité, nous pouvons croire aussi que Dieu ramènera à la vie, par Jésus, ceux qui se sont déjà endormis dans la communion avec Jésus, pour être unis à lui » (1 Thessaloniciens 4.14, Parole vivante par Alfred Kuen). « Il est bien certain que le Christ est ressuscité des morts, il est réellement revenu à la vie. Il s’est relevé le premier d’entre les morts, précurseur de ceux qui se réveilleront un jour de leur dernier sommeil » (1 Corinthiens 15.20, Parole vivante par Alfred Kuen).

A cet égard, toujours dans ce même chapitre de la Bible, l’apôtre Paul répond catégoriquement à ceux qui doutent de l’authenticité de la résurrection : « Nous prêchons donc que le Christ est revenu d'entre les morts : comment alors quelques-uns d'entre vous peuvent-ils dire que les morts ne se relèveront pas ? Si tel est le cas, le Christ n'est pas non plus ressuscité ; et si le Christ n'est pas ressuscité, nous n'avons rien à prêcher et vous n'avez rien à croire. De plus, il se trouve que nous sommes de faux témoins de Dieu puisque nous avons certifié qu'il a ressuscité le Christ ; or, il ne l'a pas fait, s'il est vrai que les morts ne ressuscitent pas. Car si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n'est pas ressuscité. Et si le Christ n'est pas ressuscité, votre foi est une illusion » (1 Corinthiens 15.12-17, BFC). Une logique implacable !

A propos de la résurrection des morts, remarquons que le Christ lui-même a déclaré solennellement : « Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » (Jean 11.25, TOB), « En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient – et maintenant elle est là – où les morts entendront la voix du Fils de Dieu et ceux qui l'auront entendue vivront » (Jean 5.25, TOB), « Que tout ceci ne vous étonne plus ! L'heure vient où tous ceux qui gisent dans les tombeaux entendront sa voix, et ceux qui auront fait le bien en sortiront pour la résurrection qui mène à la vie ; ceux qui auront pratiqué le mal, pour la résurrection qui mène au jugement » (Jean 5.28-29, TOB).

La résurrection de Jésus est vraiment le plus grand miracle du christianisme. Puisqu’elle implique la nôtre et l’avènement du Royaume de Dieu sur la terre, elle est donc (devrait être) le fondement essentiel de l’espérance chrétienne. A la résurrection des morts, l’espérance deviendra réalité. Cet événement extraordinaire marquera – pour les fidèles de tous les temps – le début de l’éternité en présence de Dieu. Rappelons que le texte de l’Ecriture associe la résurrection des morts au retour de Jésus, une attente qui commandait la vie des premiers chrétiens.

Qu’en est-il au début de ce troisième millénaire ? Quelle portée donnons-nous à la résurrection de Jésus ? « Croyons-nous que l'Esprit de Dieu a tiré Jésus de la mort ? Croyons-nous qu'il est maintenant vivant ? Croyons-nous qu'il est le premier-né d'une humanité que Dieu ne cesse de conduire à la vie éternelle ? Croyons-nous que Jésus affirme une réalité capitale quand il dit : Celui qui croit en moi, même s'il meurt [biologiquement] vivra pour toujours (6) ? »

Chaque dimanche (7), des millions de fidèles affirment invariablement leur croyance en la résurrection des morts en récitant le Credo qui « culmine en la proclamation de la résurrection des morts à la fin des temps et en la vie éternelle (8) ».

Pourtant, selon un sondage exclusif effectué par l’institut CSA en collaboration avec Le Monde des Religions (9), seulement 58 % des catholiques croient en la résurrection du Christ et, résultat encore beaucoup plus étonnant, seuls 10 % croient à la résurrection des morts ! Pourquoi donc cette flagrante contradiction dans le témoignage des chrétiens d’aujourd’hui ? Est-ce vraiment encore l’espérance en la résurrection qui les fait courir ? Ou, ayant perdu après des siècles de christianisme formaliste le sens de cette dernière, leur « espérance » reposerait-elle désormais sur une autre base ?

Des interrogations auxquelles il n’est pas facile de répondre sans dépasser les limites de notre sujet mais en guise de conclusion à cette brève réflexion sur la résurrection, laissons le dernier mot à des théologiens catholiques, un emprunt avec lequel nous sommes en plein accord : « La foi chrétienne est plus que jamais mise au défi de rendre compte devant tous les hommes de l'espérance qu'elle implique (cf. 1 Pierre 3.15). A cet effet, nous devons d'abord nous assurer du fondement de l'espérance chrétienne. Le point de départ et le fondement de l'espérance chrétienne, ce n'est pas un rêve, la projection de nos désirs ou de vaines spéculations, ce n'est pas un optimisme à bon marché, ce n'est pas une position de principe ni une confiance à priori dans le progrès, dans l'évolution ou la révolution. Dans la foi, nous pouvons dire quelque chose sur notre avenir parce que cet avenir a déjà commencé en Jésus-Christ. La conviction fondamentale et le cœur de la foi chrétienne, c'est que Jésus est le premier homme ressuscité d'entre les morts (10). »

« Loué soit Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ. Dans son amour sans limites, il a eu compassion de nous et nous a fait naître de nouveau, en nous associant à la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, pour nous donner une espérance vivante » (1 Pierre 1.3, Parole vivante par Alfred Kuen).

 
Claude Bouchot
 

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1. Voltaire, [www.evene.fr].
2. De Diétrich Suzanne, Le dessein de Dieu, cité par Vaucher Alfred, L'Histoire du salut, Vie et Santé, 1987, p. 223.
3. Gambini Henri, Essai sur la résurrection de Jésus-Christ, Lausanne, 1865, p. 3, cité par Vaucher Alfred, ibid., p. 215-216.
4. Eldin Emile, Jésus et le prophète Esaïe, au point de vue messianique, thèse, Paris, 1891, p. 73, cité par Vaucher Alfred, ibid., p. 223.
5. Babut Charles-Edouard, La vérité chrétienne, Paris, 1942, p. 110, cité par Vaucher Alfred, ibid., p. 225.
6. Thomas Jean-Charles, La question de confiance, Esprit & Vie (Revue catholique de formation permanente), Cerf, n° 107, 2004, p. 39-40.
7. Bien que « les récits évangéliques de la résurrection ne donnent aucune instruction pour que le grand événement soit commémoré le jour de la semaine où il s’est produit » (Riesenfeld Harold, The Sabbath and the Lord’s day, The Gospel Tradition : Essays, 1970, p. 124) et bien qu’il ne soit jamais appelé dans le Nouveau Testament « jour de la résurrection », on sait que ce jour de la semaine a été désigné par l’Eglise des premiers siècles comme le jour de commémoration hebdomadaire de la résurrection du Seigneur.
8. Catéchisme de l’Eglise catholique, Mame / Plon, 1992, p. 212.
9. CSA / Le Monde des Religions, Portrait des catholiques, sondage exclusif réalisé par téléphone du 18 au 25 octobre 2006, Interrogation de 1021 personnes se déclarant catholiques issues d'un échantillon national représentatif de 2012 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d’après la méthode des quotas.
10. Conférence épiscopale allemande, La Foi de l'Eglise, catéchisme pour adultes, Brepols / Cerf / Le Centurion, 1987.

 
 
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